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07 juin 2016

Nouveau livre de Loïc Barrière "Le roman d'Abd el-Kader", les points sur les I : article paru dans le Figaro (1er juin 2016)

 

Loïc Barrière : « Abd el-Kader est d’abord une figure humaniste »

Le romancier ressuscite un personnage un peu oublié.

GUILLAUME PERRAULT 

Sait-on qu’Abd el-Kader, le chef des tribus arabes qui ont combattu les Français en Algérie de 1832 à 1847, a ensuite sauvé du massacre des chrétiens pendant son exil à Damas ? Dans Le Roman d’Abd el-Kader*, Loïc Barrière, journaliste à Radio-Orient et écrivain, redonne vie à un homme dont ne demeure qu’une image simpliste. LE FIGARO. - Qui est au juste Abd el-Kader ?

Loïc BARRIÈRE. - Abd el-Kader grandit dans une confrérie religieuse de la région d’Oran dirigée par son père, souvent en rébellion contre les Ottomans qui règnent alors sur l’Algérie. Lorsque les Français débarquent à Alger en 1830, trois tribus arabes confient leur destin à Abd el-Kader. Il mènera la guerre contre la France tout en essayant de fédérer les tribus arabes. L’émir prêche par l’exemple : des vêtements pareils à ceux de ses hommes ; pas de ­demeure somptueuse ; très peu de biens en dehors des manuscrits et des livres. Il refusait de tuer ses prisonniers, contrairement aux usages de l’époque, et s’est efforcé de bien les traiter. L’émir est allé jusqu’à proposer au premier évêque d’Alger d’envoyer un prêtre dans sa smala, à la condition qu’il ne ­communique pas la position du campement. Esprit chevaleresque remarquable car Abd el-Kader faisait face à deux forces antagonistes. D’une part, les Français qui menaient une guerre implacable. D’autre part, des tribus arabes qui refusaient son autorité. Elles ont ­massacré la population juive de Mascara et son propre beau-frère a mis à mort un groupe de prisonniers français, contrevenant à ses ordres. 

« Le sultan des Arabes » finit par déposer les armes ? 

En décembre 1847, Abd el-Kader est isolé. L’émir décide de se rendre aux Français à condition qu’on le transporte, lui et ses proches, à Alexandrie ou Saint-Jean-d’Acre. Les Français acceptent. Pour Abd el-Kader, cette « soumission » est honorable car il s’est rendu volontairement. Près de cent personnes ­l’accompagnent en exil : sa mère, ses trois femmes, ses enfants, neveux et nièces et ses plus proches compagnons d’armes. Avant d’embarquer, il a offert son cheval au duc d’Aumale. 

Et c’est la déception : le voilà conduit en France…

Abd el-Kader et les siens sont transportés à Toulon et assignés à résidence. Louis-Philippe entame des ­négociations avec l’Égypte pour le transférer à Alexandrie quand éclate la révolution de ­février 1848. Les bouleversements politiques ­retarderont de cinq ans la libération de l’émir. Transféré à Pau puis à Amboise avec sa suite, il choisit de mener une vie de reclus et d’ascète. Il consacre son temps à la prière et à la méditation. Les Français ont le souci de bien traiter ce prisonnier de marque. Mais les conditions de vie sont spartiates. Des enfants naissent, d’autres meurent, ainsi que l’attestent les tombes musulmanes du château d’Amboise. Le sort de l’émir émeut. Son biographe britannique, Charles Henry Churchill, écrit peu après : « Poussés par des sentiments complexes de curiosité, de sympathie et d’admiration, hommes d’État, diplomates et soldats, c’était à qui viendrait rendre hommage à l’auguste prisonnier. » Les peintres, tels Horace Vernet, veulent faire son portrait.

Arrive alors le futur Napoléon III ! 

Loic BARRIERE LE FIGARO

En octobre 1852, le prince-président vient en personne annoncer à l’ancien émir qu’il sera libéré. Lui aussi a connu la prison et l’exil. Louis-Napoléon ­Bonaparte octroie au chef vaincu une pension digne de son rang. Il n’en conserve que la moitié, reversant l’autre moitié à ses ex-lieutenants et aux nécessiteux. Le prince-président convie ensuite Abd el-Kader dans la capitale. C’est un événement parisien : les deux hommes sont acclamés à l’Opéra. Abd el-Kader tient à entrer à la Madeleine et Notre-Dame. Il s’incline devant le tombeau de Napoléon aux Invalides. Le 2 décembre 1852, jour de la proclamation de l’empire, Abd el-Kader est l’un des invités ­d’honneur de Napoléon III. Puis Abd el-Kader ­embarque pour la Turquie.

Quelle vie mène Abd-el-Kader en Orient ? 

Il s’installe à Damas en 1856. Des centaines d’Algériens le rejoignent. Il rassemble les œuvres de son maître spirituel Ibn Arabi afin de les publier. En 1860 des pogroms antichrétiens se déclenchent à Damas. L’ancien émir enfourche son cheval, rassemble ses Algériens et sauve du massacre des milliers de ­chrétiens. Son héroïsme, relaté par la presse ­occidentale, en fait une star internationale. Des ­lettres et des cadeaux lui parviennent de Russie, de France, de Grande-Bretagne. Le président des États-Unis lui offre deux pistolets incrustés d’or. Lors d’un voyage à Alexandrie, il est initié par la loge française Les Pyramides pour le compte de la loge parisienne Henri IV. Rappelons qu’à l’époque, le Grand Orient se référait toujours à Dieu et non au Grand Architecte. Abd-el-Kader se rend à Paris pour l’Exposition universelle de 1867. Il est convié à l’inauguration du canal de Suez en 1869. 

En quoi cette figure conserve-t-elle une actualité ?

Le soufisme est considéré par ses adeptes comme le cœur de l’islam, et non comme une voie parallèle. Pour Abd el-Kader, la notion de miséricorde est ­essentielle. Certes, il a fait la guerre au nom du djihad mais il s’agissait pour lui d’une guerre défensive qui interdisait la barbarie. Durant ses années de combat, il n’a cessé de dire que son but premier était le grand djihad, le combat intérieur, celui qu’on mène contre soi-même, ainsi que l’indique le Coran. Le soufisme pourrait être une réponse possible pour de jeunes musulmans en quête de sens. Quand Daech décapite ses otages, il est utile de rappeler comment l’émir traitait les prisonniers de guerre. Lorsque les fanatiques détruisent Palmyre ou les manuscrits de Tombouctou, souvenons-nous qu’Abd el-Kader sauvegardait tous les manuscrits qu’il pouvait. S’il vivait aujourd’hui, il s’efforcerait de protéger les chrétiens d’Orient. ■

* Le Roman d’Abd el-Kader (Les Points sur les i ­Éditions, 2016, 173 p., 13 €)

 

 

 

 

 

Loïc Barrière: "Abd el-Kader est d'abord une figure humaniste"

INTERVIEW - Dans Le Roman d'Abd el-Kader, le romancier ressuscite un personnage un peu oublié. Sait-on qu'Abd el-Kader, le chef des tribus arabes qui ont combattu les Français en Algérie de 1832 à 1847, a ensuite sauvé du massacre des chrétiens pendant son exil à Damas?

http://www.lefigaro.fr



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06 juin 2016

"Le roman d'Abd el-Kader", de Loïc Barrière (Les Points sur les I) dans le Parisien

Le directeur adjoint de l'information à Radio Orient estime que l'émir Abd el-Kader est le précurseur du dialogue interreligieux.

Pourquoi ce livre ?

LOÏC BARRIÈRE. J'en ai eu l'idée à la suite d'une rencontre avec l'historien et président du musée de l'Immigration, Benjamin Stora, après les attentats de « Charlie Hebdo » et de l'Hyper Cacher.

Il déplorait que les recherches sur la guerre d'Algérie et la colonisation ne soient pas diffusées auprès des Français. En janvier 2015, on parlait tellement de l'islam en termes négatifs que je me suis intéressé à l'émir Abd el-Kader, qui est l'anti-Daech par excellence, avec l'idée d'écrire un roman biographique qui puisse être lu, notamment par les collégiens et les lycéens.

Pourquoi Abd el-Kader ?
C'était un humaniste musulman. Pour lui, le grand djihad, c'était le combat spirituel. Pendant la guerre, il s'est montré soucieux du bien-être des soldats français qu'il capturait, et a préfiguré les conventions de Genève sur les prisonniers de guerre. Il a tenté de sauver les juifs de Mascara, massacrés par des tribus qu'il ne contrôlait pas. Il a été le précurseur du dialogue islamo-chrétien. Quand Daech détruit des joyaux comme Palmyre, Abd el-Kader, lui, conservait les vieux manuscrits qu'il pouvait trouver.

Quelle est son image en Algérie et dans le monde arabe ?
En Algérie, il est très respecté, même si une minorité lui reproche d'avoir déposé les armes en 1847. Le transfert de ses cendres, en 1965, est l'un des grands moments du récit national depuis l'indépendance. Il a été le premier à tenter d'unifier les tribus du pays. Il avait créé le premier drapeau, inventé une monnaie. En concluant les premiers traités de paix avec les Français, il a accrédité l'idée qu'il existait une nation algérienne. Il a aussi une bonne image en Syrie, où son palais a été transformé en musée. Ses écrits spirituels circulent toujours dans le monde arabe.

Et en France ?

Son image est positive. Il existe une place Emir-Abd-el-Kader depuis 2006 dans le Ve arrondissement de Paris. A Pau, François Bayrou a inauguré une allée à son nom. Même aux Etats-Unis, une ville de l'Iowa a été baptisée Elkader en 1846 pour rendre hommage à la résistance qu'il mena contre les Français. De nombreuses loges maçonniques portent le nom de l'émir. Au Grand Orient de France, à Paris, son portrait géant est exposé.

 

 

" Un humaniste musulman, l'anti-Daech "

Le directeur adjoint de l'information à Radio Orient estime que l'émir Abd el-Kader est le précurseur du dialogue interreligieux. Pourquoi ce livre ? LOÏC BARRIÈRE. J'en ai eu l'idée à la suite d'une rencontre avec l'historien et président du musée de l'Immigration, Benjamin Stora, après les attentats de " Charlie Hebdo " et de l'Hyper Cacher.

http://www.leparisien.fr

 

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04 juin 2016

"Le roman d'Abd el-Kader", de Loïc Barrière (Les Points sur les I) Blog L'Or des Livres

 

"Pour nous raconter cette histoire, Loïc Barrière se glisse habilement dans la peau de Rachid, un jeune garçon de 10 ans doux et aimant, doué pour les études et rêvant de chevaux et d'aventures qui, devenu orphelin suite au massacre initial de cette tribu - auquel il a miraculeusement échappé -, partira rejoindre l'émir, lequel le prendra sous sa protection et le considérera comme son fils. La conquête de l'Algérie est ainsi évoquée au travers des différentes étapes de la résistance d'Abd el-Kader, de manière vivante et très concrète, au plus près des sensations et des émotions, des rêves et des réflexions de ce jeune héros qui par ses aspirations ressemble déjà un peu à son maître et s'initiera à la vie auprès de lui et de son entourage. Et, dans un épilogue nous transportant à Damas en 1883, juste après la mort d'Abd-el Kader, nous retrouvons Rachid vieilli qui lui rend un dernier hommage en récapitulant leur double parcours."

 

"Le roman d'Abd el-Kader" de Loïc Barrière - L'Or des livres

Après la deuxième guerre mondiale, on oppose en effet volontiers dans ces ouvrages "la rationalité étatique et son efficacité (...) au morcellement tribal, la modernité technologique occidentale à l'arriération arabe, les lumières de l'éducation à l'obscurantisme de l'islam", présentant le cavalier numide comme "un combattant valeureux et opposant coriace, rendant la victoire sur lui d'autant plus glorieuse", analyse à ce propos Françoise Lantheaume .

http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com

 

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03 juin 2016

L'agence de presse algérienne APS rend compte du livre de Loïc Barrière "Le roman d'Abd el-Kader", Les Points sur les I

 

Le romancier Loïc Barrière met en valeur l’humanisme de l’Emir Abdelkader

 

PARIS- L’auteur de "Le Roman d’Abdelkader", Loïc Barrière a mis en valeur, mercredi dans une interview au Figaro, le caractère humaniste de l’Emir et son soucis permanent de protéger l’humain et son patrimoine.

"Quand Daech décapite ses otages, il est utile de rappeler comment l’Emir traitait les prisonniers de guerre. Lorsque les fanatiques détruisent Palmyre ou les manuscrits de Tombouctou, souvenons-nous qu’Abdelkader sauvegardait tous les manuscrits qu’il pouvait", a indiqué Loïc Barrière dont son ouvrage vient de sortir chez Les Points sur les i Editions.

"S’il (Emir) vivait aujourd’hui, il s’efforcerait de protéger les chrétiens d’Orient", a-t-il souligné, expliquant que pour le chef algérien, "la notion de miséricorde est essentielle".

"Certes, il a fait la guerre au nom du djihad, mais il s’agissait pour lui d’une guerre défensive qui interdisait la barbarie", a ajouté le romancier qui a rappelé que l’Emir "est allé jusqu’à proposer au premier évêque d’Alger d’envoyer un prêtre dans sa smala".

Pour ce chef, qui avait "l’esprit chevaleresque", Loïc Barrière a relevé qu’il prêchait par l’exemple: "des vêtements pareils à ceux de ses hommes, pas de demeure somptueuse, très peu de biens en dehors des manuscrits et des livres".

"Il refusait de tuer ses prisonniers, contrairement aux usages de l’époque, et s’est efforcé de les bien traiter", a-t-il rappelé, avant de noter qu’après sa décision d’arrêter ses hostilités avec l’armée coloniale française, "il choisit de mener une vie de reclus et d’ascète".

L’auteur a rappelé également que son "héroïsme", lorsqu’il a sauvé, lors de son exil à Damas, des milliers de chrétiens d’un massacre, relaté par la presse occidentale, fait de lui "une star internationale".

"Des lettres et des cadeaux lui parviennent de Russie, de France, de Grande-Bretagne. Le président des Etats-Unis lui offre deux pistolets incrustés d’or", a-t-il précisé, soulignant que lorsqu’il était prisonnier en France, son biographe britannique, Charles Henry Churchill, écrivait: "Poussés par des sentiments complexes de curiosité, de sympathie et d’admiration, hommes d’Etat, diplomates et soldats, c’était à qui viendrait rendre hommage à l’auguste prisonnier".

Algérie Presse Service - Le romancier Loïc Barrière met en valeur l'humanisme de l'Emir Abdelkader

PARIS- L'auteur de "Le Roman d'Abdelkader", Loïc Barrière a mis en valeur, mercredi dans une interview au Figaro, le caractère humaniste de l'Emir et son soucis permanent de protéger l'humain et son patrimoine. "Quand Daech décapite ses otages, il est utile de rappeler comment l'Emir traitait les prisonniers de guerre.

http://www.aps.dz

 

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30 juillet 2015

Vidéo : Loïc Barrière invité de Youssef Zirem sur BRTV

 

 

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05 novembre 2011

1- Note d'intention

Combien de blogs ai-je commencé ? Quatre ou cinq, probablement plus. Quel intérêt, me direz-vous ? Je reste émerveillé par ce qu’Internet nous offre, la communication directe, sans filtre, de l’auteur vers le lecteur. Un lecteur qui parfois vous répond. Facebook a ses charmes, Twitter aussi (je note au passage que le correcteur orthographique de mon traitement de texte ne souligne pas Facebook en rouge mais semble ne pas connaître Twitter – la prochaine version réparera cette lacune), mais le blog, du moins celui qui se veut littéraire, n’est qu’écriture – pas de parasitage lolesque ou émoticonesque. L’impudeur d’un blog, la prise de risque m’intéressent. A quoi bon poursuivre un journal « intime » qu’on décortiquera quand tous les protagonistes seront morts ? (J’ai tenu un journal de l’âge de neuf ans à trente ans). Le risque du remords, de la bêtise, de la redite. Du ridicule. De prêter le flan à la malveillance (j’ai été touché de lire les saloperies dont Marie Darrieusecq a été victime depuis son premier succès. Cette interview dans les Inrocks, cette semaine, me l’a rendu très sympathique.) Sans parler des fautes grammaticales ! J’allais oublier aussi le risque ultime – celui de ne pas être lu. (Un matin, je présentais le journal en direct comme à mon habitude et le réalisateur s’aperçut, au bout de la dixième minute que mon bulletin n’était pas diffusé car un programme exceptionnel le remplaçait à ce moment-là. – Au moins, toi tu m’as écouté ? lui demandai-je. Eh bien non, il était au téléphone, le bougre !)

 

L’inventeur du blog d’écrivain, bien avant la création d’Internet, est selon moi le journal Libération lorsqu’il eut l’idée de publier, chaque samedi, le journal de la semaine d’un écrivain. J'aurais adoré être sollicité par Libé ! J’aime bien aussi le journal de Sollers dans le JDD – j’ai du mal à suivre ses envolées dans ses livres épais mais je le considère comme un de nos meilleurs feuilletonistes et publicistes.

 

J’ai publié trois romans, j’en ai terminé un quatrième, un cinquième est en cours d’écriture. Pas de best-seller à mon actif, je ne vis donc pas de ma plume. Mais l’écriture est ce qui me constitue. Les livres m’aident à vivre. A affronter la médiocrité, la méchanceté. Certains ont la chance d’avoir Dieu dans leur vie, moi ce sont les livres. J’aime autant lire qu’écrire. Difficile de renoncer à l’un ou l’autre. Certains prédisent la mort du livre – pas seulement la mort du livre qui tient dans la main par opposition à l’e-book qui va déferler dans nos tablettes. Etrange, me direz-vous, d’avoir fondé toute sa vie sur quelque chose qui est peut-être voué à disparaître... 

 

J’ai longtemps cru que tout le monde ou presque avait la même passion que moi. Je pensais naïvement que toute personne aimant les livres rêvait d’être écrivain. Je ne comprenais pas que ma grand-mère, directrice d’école, n’ait pas imité la Comtesse de Ségur. Pourquoi donc mes profs de français n’avaient-ils pas publié au moins un roman, eux qui étaient capables d’analyser de manière aussi pointue les œuvres qu’ils me faisaient lire ? Maintenant, je me demande si la passion d’écriture n’est pas une névrose, une jolie névrose, voire un trouble obsessionnel compulsif. Ma foi, comment expliquer autrement qu’un homme renonce à presque tout pour aligner des mots sur un écran d’ordinateur ? Mais il est des névroses, comme certaines phobies (ma principale phobie : conduire une voiture – jamais je ne conduirai et personne ne pourra m’y contraindre), qui ne nécessitent pas d’être soignées.

 

Ecrire un blog, c’est aussi une manière de se dégourdir les doigts quand on est plongé dans une fiction qui exige rigueur, discipline et régularité.

J’aurais voulu trouver une forme intelligente à ce blog, comme les trois paragraphes d’Eric Chevillard.  Ce blog aura la forme que j’aurai au moment de l’écrire !

 

J’avais l’intention de commencer un blog sur la plateforme du Nouvel Obs et je me suis aperçu qu’il n’avait pas de bouton Facebook à la fin des notes publiées. Aussi ai-je décidé de rester sur mon vieux blog, celui qui me servait de dossier de presse depuis des années et qui apparaît en deuxième position lorsqu’on me googlise.

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02 août 2010

Le Cambodge au rendez-vous du Steir Laïta - Clohars-Carnoët

Ouest-France / Bretagne / Quimperlé / Clohars-Carnoët / Archives du samedi 31-07-2010

Le Cambodge au rendez-vous du Steir Laïta - Clohars-Carnoët

samedi 31 juillet 2010

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Pour le premier café littéraire de l'été, Claude Couderc, journaliste écrivain qui a été directeur des programmes culturels à FR 3, aujourd'hui conseiller municipal, avait invité, samedi en soirée, un autre journaliste de Radio Orient, Loïc Barrière, auteur du livre Le Coeur des enfants Khmers.

Les deux hommes, en présence de très nombreux lecteurs, ont débattu du livre et Loïc Barrière, très à l'aise dans ce genre de débats, a répondu aux nombreuses questions posées par le public. Ce grand amoureux du monde arabe dont il parle la langue a écrit, curieusement, son premier livre sur l'Asie et notamment le Cambodge par suite d'une rencontre avec un réfugié cambodgien.

Ce livre est un chant d'amour qui s'adresse à l'enfance martyrisée entre 1975 et 1979, après l'arrivée des Khmers rouges au pouvoir et du génocide qui a suivi en s'inspirant d'histoires vécues. Un lien entre plusieurs histoires, entre l'enfance d'hier et celle d'aujourd'hui, un livre d'espoir sur le retour au pays.

Ce premier café littéraire annonce une nouvelle rencontre, le 6 août, toujours au Steir Laïta au Bas Pouldu, à 21 h, où Claude Couderc recevra, pour un autre genre de débat sur la poésie, Michel Tréguer.

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31 juillet 2010

Article du Télégramme de Brest du 28 juillet 2010

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Claude Couderc avait invité Loïc Barrière, vendredi soir, pour le premier café littéraire de l'été. Journaliste à Radio Orient, Loïc Barrière est amoureux du monde arabe, dont il parle la langue. Mais c'est en Asie, plus précisément au Cambodge, que se déroule son dernier livre, «Le choeur des enfants khmers». L'entretien a commencé par un peu d'histoire: l'arrivée au pouvoir des Khmers rouges en 1975 et le génocide qui suivra. Puis l'auteur va livrer au public les événements qui déclencheront l'écriture de cet ouvrage.

Un hymne à l'enfance martyrisée

L'élément déclencheur est la rencontre avec Rhota, un réfugié cambodgien qui a vécu cette période. L'auteur partira au Cambodge avec lui, tombe amoureux du pays et de celle qui deviendra son épouse. Deux enfants plus tard, il écrira son livre en s'inspirant d'histoires vécues. Il posera les questions que l'on tait habituellement dans les familles. Son livre est un chant, un hymne à l'enfance martyrisée de 1975 à 1979, mais aussi aux enfants d'aujourd'hui. Livre d'espoir qui parle du retour au pays des réfugiés et pose des questions: comment se reconstruire après une guerre? Le retour est un voyage avec les âmes errantes, celles des disparus qui n'ont pas eu de cérémonie d'adieu. L'auteur considère que son travail a été de faire le lien entre plusieurs histoires. Très à l'aise dans l'exercice, il a répondu à plusieurs questions du public.

Café littéraire. Le Cambodge, entre roman et réalité

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01 juin 2010

«Quelques mots d'arabe» de Loïc Barrière : arabe d'adoption

«Quelques mots d'arabe» de Loïc Barrière : arabe d'adoption

Ingrid Merckx
Le matin : 29 - 04 - 2004
Voyage au Maroc d'un jeune Français qui vient au secours de son ami Marocain en pleine dépression. L'occasion de dresser la chronique d'une jeunesse désespérée mais aussi de tracer le portrait d'un homme qui s'est pris de passion pour la langue arabe et l
On ne compte plus les histoires de jeunes Maghrébins qui rêvent de la France. Mais de jeunes Français qui se passionnent pour le Maghreb, combien en connaît-on ? Gaël est de ceux là. Il a grandi en province, à Courbeuf. Enfant effacé, sa mère pensait qu'il n'aimait rien. En fait, il cherchait désespérément quelque chose à aimer. Au collège, il était le souffre douleur d'une bande de petits caïds d'origine algérienne. « Ces Algériens, je les détestais tout en les admirant. Je rêvais d'être comme eux. » Ce sont les filles qui l'ont sauvé : Habiba, Nadia, Zoulikha et surtout Farida, qui devint sa meilleure amie. Alors, à treize ans, il a trouvé : il a fait croire qu'il parlait arabe. Une lubie qui s'est bientôt transformée en passion.

Gaël a d'abord appris quelques mots des différents dialectes que parlaient ses amies, Chaouis, fille de Harki, ou petite Algérienne n'ayant jamais mis les pieds au pays. Puis il s'est offert une méthode d'apprentissage rapide, « Je parle arabe » : « Marocain, algérien, égyptien ? Peu m'importait ! Du moment que c'était de l'arabe ! Assis devant le grand miroir de la salle de bains, je lisais à voix haute. Je me regardais, fasciné.» .Ensuite, il a pris des cours d'arabe à la mairie de Courbeuf où il a retrouvé Boumediene, son ancien ennemi du collège.

religieux. Sur le trajet de ses cours à la maison de sa grand-mère, il récitait les mots appris : al-baqaratou, al-dikou… Puis il a fini par s'inscrire aux cours pour adultes, deux fois par semaine. Bien-sûr ce n'était pas de l'arabe dialectal. Il raconte d'ailleurs avec humour ce jour où, fraîchement débarqué à Alger, il a demandé l'adresse d'un hôtel en arabe classique et s'est vu répondre dans la langue de Molière… Mais pour Gaël, l'arabe était plus qu'une langue : un moyen de découvrir un autre monde, « à la façon des explorateurs ». Alors il a collectionné les correspondants au Zaïre et au Sri Lanka. Avant de commencer une relation épistolaire avec Mohammed, un jeune Marocain qui avait répondu à une annonce dans El Watan El Arabi. Dès lors, il eut deux meilleurs amis, Farida, Algérienne de France, et Mohammed, Marocain de Aït Boujeloud.

Jeunes en déshérence

Aujourd'hui, Gaël a trente-cinq ans. Il travaille dans une librairie et vient de prendre un long congé pour aller au Maroc secourir Mohammed qui est au plus mal. Pour le tirer de sa dépression, il l'emmène en voyage à travers le Royaume. Dans son sac, il emporte le parfum de Farida, seule chose qu'elle lui a laissé avant de se suicider. A chaque étape, on en apprend un peu plus sur l'histoire de ses deux amis. Farida, partie faire ses études en Algérie, s'est retrouvée clandestine en France, le pays de son enfance, quand elle a voulu retourner y vivre.

Mohammed, dernier d'une famille marocaine pauvre, a dû arrêter l'école et le football pour gagner sa vie mais ne parvient pas à trouver du travail. A travers leurs parcours on découvre des pays loin des clichés comme des rêves. Une France où les immigrés qui rêvaient de la Tour Eiffel se retrouvent exploités dans des usines, condamnés aux mariages blancs ou à l'expulsion. Un Maroc que tous les jeunes veulent quitter. Pays d'une jeunesse en déshérence qui, de chômage en manque d'argent, de petites magouilles en amitié profitable avec des touristes de passage, n'a plus la force de s'imaginer un avenir.

Gaël ne juge pas, il constate les souffrances des uns et les malheurs des autres. Sans jamais remettre en cause son propre attachement pour cette terre d'adoption qui lui ouvre les portes d'un dur apprentissage. Ce récit de Loïc Barrière, journaliste à Radio-Orient, est une succession de chroniques de vies des deux côtés de la Méditerranée. Son écriture manque un peu de charme mais pas son regard de voyageur, toujours avide de découvrir l'autre.

Derrière ses personnages, il fait apparaître le portrait en demi-teinte d'un jeune homme qui s'est édifié sur une formule : « Pour être aimé, montrer qu'on s'intéresse aux autres».
Quelques mots d'arabe de Loïc Barrière, Ed. Seuil, 156 p.

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15 avril 2010

Un article sur "Quelques mots d'arabe"

Mon ami Salim Jay évoque mon roman "Quelques mots d'arabe" (Seuil, 2004) dans le journal marocain, Le Soir Echos

Salim Jay : Quatre écrivains et quelques mots d’arabe

Culture | salimjay | 15 avril 2010 à 7 h 55 min

Peu d’auteurs ont mieux exprimé l’intimité franco-maghrébine  avec ses paradoxes et sa rémanence que Loïc Barrière a su le faire, d’abord avec «Le voyage clandestin»  (Seuil, 1998)  ensuite «Quelques  mots d’arabe». (Seuil, 2004).  On saluera là une sorte  de fraîcheur dans l’inspiration mais aussi une bonne connaissance des sociétés évoquées. En effet, Barrière s’obstine  dans l’empathie et ce que l’amitié  doit à son regard n’entraîne pas la défaite de la lucidité. «Quelque mots d’arabe» raconte l’attachement d’un jeune homme pour le Maghreb, y compris la Mauritanie. Des voyages, donc, et des liens, minutieusement entretenus  et interrogés.

D’abord, il y eut l’enfance  et la découverte du Maghreb  d’en  France. C’est finement conté, sans démagogie racoleuse. Nous faisons la connaissance d’Algériens et d’Algériennes de France, de Marocains du Maroc et de France, de Franco-Maghrébins, de Mauritaniens qui conduisent le narrateur de Nouakchott jusqu’à Nouadhibou. Ce sont des voyages successifs, des alliances, des réminiscences, tout un spectre de relations détaillées généreusement. Les amitiés d’enfance, les apprentissages partagés,  les loyautés comme les ambiguïtés du vivre ensemble. Il y a surtout, dans «Quelques mots d’arabe», l’expression volontariste d’une attention presque obsessionnelle à la détresse sourde d’une jeunesse maghrébine en perte d’espoir quant à l’emploi de sa vie, dans tous les sens de ces termes. Par cette proximité intelligente avec les inquiétudes les plus viscérales d’autrui, le roman de Loïc Barrière accomplit une sorte de tour de force, même si la langue dans laquelle le récit nous est fait manque, un peu, de cette vigueur que le livre, pourtant, possède.

Loïc Barrière a cherché à être compris plutôt qu’à séduire et, finalement, ce qui séduit dans «Quelques  mots d’arabe», c’est une forme de respect pour le lecteur qui n’est pas une qualité si courante. Dans le passionnant «Pasolini» publié par René de Ceccaty dans la collection Folio-Biographie en 2006, le critique citait cette phrase plus que condescendante de Pasolini en 1965 : «La moyenne de l’intelligence des Marocains est basse, je dois le dire : et cela aussi les rapproche de nombreux peuples en voie de développement». Il n’a fallu que quarante ans à Tahar Ben  Jelloun pour faire siennes de telles conclusions dans un roman «Partir» ( Gallimanard, 2006 ) où l’écrivain prétendait décrire les raisons et les causes de l’émigration clandestine, les voies et les moyens de la séduction et de la perdition. Hélas, «Partir» était un patchwork de préjugés rancis, d’aberrations convenues, un exercice de paresse intellectuelle en roue libre.

La surprise vint plutôt de «Les Hommes passent à Tanger»,
roman d’Ari Behn, traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier  (Actes Sud 2006). Les  pratiquants du tourisme sexuel, de la vénalité, de la dépravation ou du terrorisme, coloriés fadement par Ben  Jelloun, apparaissent en perpétuel contre-emploi. Au contraire, le roman d’Ari Behn pétille de drôlerie et on y rencontre une sagacité qui ne pèse ni ne pose. Le même milieu, la même «lutte des classes» sexuelle, mais dépeints avec drôlerie, avec intelligence et un total respect  des protagonistes marocains. «Poils de Cairote»  de Paul Fournel  est un titre facétieux, certes, mais un peu laid  qui ne laisse pas présager la douceur que salue ce journal tenu de novembre 2000 à juin 2003. Ainsi, le 14 avril 2002, l’écrivain, formé à l’Ouvroir  de littérature potentielle, note : «Un ami marocain débarque pour la première fois au Caire. Il m’explique que, s’il parle son marocain rauque et sec, personne ne le comprend dans ce pays de langue douce. Lui, en revanche, comprend parfaitement l’égyptien, à cause du cinéma, des feuilletons de la télé, des chansons de son enfance. -Depuis deux jours que je suis ici, précise-t-il,  j’ai l’impression de vivre dans un film- ». On n’a qu’un regret en lisant «Poils de Cairote» : Georges Henein n’est plus là pour le résumer d’un aphorisme.

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