Le directeur adjoint de l'information à Radio Orient estime que l'émir Abd el-Kader est le précurseur du dialogue interreligieux.

Pourquoi ce livre ?

LOÏC BARRIÈRE. J'en ai eu l'idée à la suite d'une rencontre avec l'historien et président du musée de l'Immigration, Benjamin Stora, après les attentats de « Charlie Hebdo » et de l'Hyper Cacher.

Il déplorait que les recherches sur la guerre d'Algérie et la colonisation ne soient pas diffusées auprès des Français. En janvier 2015, on parlait tellement de l'islam en termes négatifs que je me suis intéressé à l'émir Abd el-Kader, qui est l'anti-Daech par excellence, avec l'idée d'écrire un roman biographique qui puisse être lu, notamment par les collégiens et les lycéens.

Pourquoi Abd el-Kader ?
C'était un humaniste musulman. Pour lui, le grand djihad, c'était le combat spirituel. Pendant la guerre, il s'est montré soucieux du bien-être des soldats français qu'il capturait, et a préfiguré les conventions de Genève sur les prisonniers de guerre. Il a tenté de sauver les juifs de Mascara, massacrés par des tribus qu'il ne contrôlait pas. Il a été le précurseur du dialogue islamo-chrétien. Quand Daech détruit des joyaux comme Palmyre, Abd el-Kader, lui, conservait les vieux manuscrits qu'il pouvait trouver.

Quelle est son image en Algérie et dans le monde arabe ?
En Algérie, il est très respecté, même si une minorité lui reproche d'avoir déposé les armes en 1847. Le transfert de ses cendres, en 1965, est l'un des grands moments du récit national depuis l'indépendance. Il a été le premier à tenter d'unifier les tribus du pays. Il avait créé le premier drapeau, inventé une monnaie. En concluant les premiers traités de paix avec les Français, il a accrédité l'idée qu'il existait une nation algérienne. Il a aussi une bonne image en Syrie, où son palais a été transformé en musée. Ses écrits spirituels circulent toujours dans le monde arabe.

Et en France ?

Son image est positive. Il existe une place Emir-Abd-el-Kader depuis 2006 dans le Ve arrondissement de Paris. A Pau, François Bayrou a inauguré une allée à son nom. Même aux Etats-Unis, une ville de l'Iowa a été baptisée Elkader en 1846 pour rendre hommage à la résistance qu'il mena contre les Français. De nombreuses loges maçonniques portent le nom de l'émir. Au Grand Orient de France, à Paris, son portrait géant est exposé.

 

 

" Un humaniste musulman, l'anti-Daech "

Le directeur adjoint de l'information à Radio Orient estime que l'émir Abd el-Kader est le précurseur du dialogue interreligieux. Pourquoi ce livre ? LOÏC BARRIÈRE. J'en ai eu l'idée à la suite d'une rencontre avec l'historien et président du musée de l'Immigration, Benjamin Stora, après les attentats de " Charlie Hebdo " et de l'Hyper Cacher.

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